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DarkSweet
@DarkSweet27 août

Ce que j’aime dans le shibari, ce n’est pas seulement être attachée : c’est le lâcher-prise… et surtout le moment où il me détache.

Nous ne sommes pas experts en shibari. Très loin de là. Tout a commencé presque par curiosité, lorsque nous vivions à l’étranger et que nous explorions davantage le BDSM ensemble. Monsieur avait regardé quelques tutoriels sur Internet, essayé de comprendre les gestes, les nœuds, la manière de placer les cordes. Rien de très académique, rien de particulièrement spectaculaire. Juste l’envie d’essayer quelque chose de nouveau, tous les deux. Je crois que je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre la première fois. Je pensais que ce seraient surtout les cordes que j’allais ressentir. Leur contact sur la peau. La contrainte. Le fait de ne plus pouvoir bouger comme je le voulais. Mais j’ai découvert quelque chose de beaucoup plus troublant. J’aime le moment où Monsieur commence à installer les liens. Il n’y a pas de bascule brutale. Tout se fait progressivement. Une corde passe, puis une autre. Il ajuste, resserre légèrement, vérifie. Et à mesure que les liens prennent leur place, quelque chose change dans ma tête. Au début, je pourrais encore intervenir. Bouger. Décider. Puis, petit à petit, je cesse simplement d’en avoir envie. Je sens les cordes se resserrer sur ma peau, mes mouvements devenir plus limités et mon corps ne plus m’appartenir tout à fait de la même manière. Pourtant, je ne ressens pas cela comme une perte. Au contraire. C’est précisément ce que je suis venue chercher. Pendant quelques instants, je peux arrêter de contrôler. Je n’ai plus à choisir ce qui vient ensuite. Je n’ai plus à anticiper. Je n’ai plus à diriger. Je peux simplement me laisser manipuler, déplacer, guider avec douceur. Et je crois que c’est là que se trouve, pour moi, toute la puissance de cette pratique. Être à la merci de Monsieur pourrait sembler être une immense perte de contrôle. Pourtant, ce qui me plaît, c’est justement de savoir que j’ai choisi de lui donner ce contrôle. Ce n’est pas quelque chose qu’il me prend. C’est quelque chose que je lui confie. Et cette différence change tout. Il faut avoir confiance en la personne qui tient les cordes. Confiance dans ses gestes, bien sûr, mais surtout confiance dans son attention. Savoir qu’au milieu de cette vulnérabilité volontaire, il continue à observer mes réactions. Qu’il me connaît suffisamment pour sentir lorsque je suis bien, lorsque quelque chose devient inconfortable, lorsque j’ai besoin qu’il ralentisse. C’est étrange comme quelques mètres de corde peuvent parfois rendre très visible quelque chose qui existe déjà dans un couple. La confiance. L’attention. La capacité à s’abandonner à l’autre sans disparaître soi-même. Pourtant, aussi agréable que soit tout ce qui précède, il y a un moment que j’attends presque encore davantage. Celui où Monsieur commence à me détacher. Les cordes qui m’ont progressivement maintenue se desserrent une à une. Mon corps retrouve sa liberté, mais il garde encore la mémoire de ce qui vient de se passer. Mes poignets sont sensibles. Certains muscles un peu engourdis. Mes membres légèrement endoloris d’être restés dans la même position. Et curieusement, j’adore cette sensation. Pas tellement pour la douleur elle-même, mais parce qu’elle prolonge encore quelques instants ce que nous venons de partager. Puis viennent ses mains. Il passe doucement ses doigts sur mes poignets, masse les endroits qui ont été sollicités, réchauffe ma peau, détend mes membres. Et c’est probablement mon moment préféré. Parce que tout change à cet instant. Quelques minutes auparavant, j’étais volontairement à sa merci. C’était lui qui décidait de mes mouvements, qui resserrait les liens, qui contrôlait la situation. Et soudain, cette même attention qui servait à me maintenir sert à prendre soin de moi. La contrainte devient douceur. Le contrôle devient attention. Et je retrouve peu à peu la liberté de mes mouvements sous ses mains. Je crois même que c’est ce contraste qui me touche le plus. Le shibari m’a fait comprendre que ce que j’aime n’est finalement pas simplement d’être attachée. J’aime le chemin qui m’amène à lâcher prise. J’aime sentir progressivement que je n’ai plus besoin de contrôler ce qui va se passer. J’aime pouvoir être vulnérable parce que je sais avec qui je le suis. Et surtout, j’aime cet après. Ce moment calme où il ne reste plus vraiment de jeu, plus de rôle, plus de rapport de force. Seulement deux personnes très proches l’une de l’autre et cette impression d’avoir partagé quelque chose que les mots décrivent finalement assez mal. Nous sommes encore très amateurs. Nos expériences restent simples et nous avons énormément à découvrir. Mais peut-être que cela me plaît aussi comme ça. Je n’ai pas besoin que les cordes deviennent plus compliquées pour ressentir davantage. Parce qu’au fond, ce que le shibari raconte le mieux de notre couple n’est pas la façon dont Monsieur peut m’attacher. C’est la confiance avec laquelle je le laisse le faire. Et la douceur avec laquelle, ensuite, il me rend ma liberté.

Personne en tenue noire à bretelles assise à l'intérieur près d'un rideau blanc, avec des cordes de shibari noires visibles sur un fond chaud.
Gros plan sur une installation de style shibari avec des cordes noires et un bandeau sombre devant des rideaux doux sous une lumière tamisée.
Personne dans une mise en scène de bondage style shibari dans une pièce ensoleillée près d'une grande fenêtre, avec des cordes noires au premier plan.

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