Théâtre, mensonges et piège en gîte de luxe : le pire shooting de ma vie
Chers abonné(e)s,
Je vous avais promis de vous raconter le pire shooting de ma vie. Celui qui m'a en partie brisée, mais qui m'a aussi permis de renaître.
Tout commence sur le site modele-photo.fr. Un photographe me contacte : mon book l'a séduit, mon côté curvy, mon sourire et mes tatouages ont fait mouche. Après quelques messages et appels, je finis par accepter. Il est de passage dans deux semaines et réserve une chambre dans un gîte pour l'occasion. De mon côté, je lui indique que je serai accompagnée de mon mari.
Premier drapeau rouge : il m'explique qu'il refuse catégoriquement les accompagnateurs. Selon lui, ça le gêne dans sa méthode de travail et les modèles se laissent moins aller. Pour moi, c'est une condition non négociable. Je lui souhaite donc une bonne continuation.
Le lendemain, changement de décor : il m'envoie un message pour me dire qu'il fera « une exception » pour moi et que le contrat est prêt.
Le jour J : un décor de rêve... au début
La valise est prête, nous prenons la route avec une légère appréhension. Arrivés sur place, le lieu est tout simplement grandiose : un petit manoir niché dans un immense parc. Le photographe nous attend sur le perron. Après les politesses d'usage, il nous invite à le suivre dans la chambre qu'il a réservée. La pièce est magnifique, digne de La Chronique des Bridgerton.
Pendant qu'il règle son matériel, je prends connaissance du contrat. Le shooting peut commencer. Première tenue, premières poses : tout se déroule à merveille. Il nous raconte sa vie, son passé dans la haute couture, ses soirées dans le Marais... Il a des manières très efféminées et joue la carte du styliste inoffensif.
Les tenues et les poses s'enchaînent. Voyant que tout va bien, mon mari décide d'aller prendre l'air (la séance devant durer cinq heures).
Quand le piège se referme
C'est là que le comportement du photographe change. Auparavant, il se contentait de me donner des directives (« baisse ta bretelle », « attention à l'élastique de ton string »). Mais une fois seule avec lui, il insiste pour réajuster mes tenues lui-même. En me remettant les cheveux en place, il frôle ma poitrine. Sur le moment, je recule instinctivement. Lui agit comme si de rien n'était. Je me dis qu'il ne s'en est sans doute pas rendu compte...
Mon mari revient. Le photographe nous rejoue alors la grande scène de La Cage aux folles. Je me dis que j'ai dû dramatiser : manifestement, cet homme préférait les hommes...
Seulement, dès le départ suivant de mon mari (note pour plus tard : chéri, il faut vraiment que tu arrêtes de fumer !), le photographe décide d'imposer une séquence bondage. Il met les cordes en place. Ses mains sur moi me mettent profondément mal à l'aise, son regard a changé. Il prend quelques clichés. Je lui demande alors de me détacher. Au début, il refuse, prétendant vouloir d'autres photos. Ce n'est que lorsque je me montre prête à appeler mon mari par la fenêtre qu'il s'exécute.
J'enfile rapidement une lingerie de mariée avec un voile. J'ai un besoin viscéral de me cacher, de couvrir mon corps. De retour, mon mari le trouve très distant : le photographe ne s'adresse plus qu'à lui, sans plus jamais me regarder. Je me sens de plus en plus mal à l'aise.
L'agression
Nouveau départ de mon mari pour une pause cigarette. Alors que je porte une lingerie fluo, le photographe s'approche à nouveau. Prétendant vouloir réajuster mon sous-vêtement, il pose délibérément sa main sur mon anatomie.
Je me fige, complètement sidérée. Je sens son doigt chercher à se frayer un chemin. Je recule, prise de panique. Lui reprend son appareil et continue de me photographier l'air de rien. Mon corps continue de poser mécaniquement, mais mon esprit a quitté la pièce.
Mon mari revient. Le photographe lui parle comme si tout était normal. Moi, je ne parle plus. Je suis devenue un automate.
Pour la tenue suivante, il tente de s'approcher à nouveau. Je recule immédiatement. En voyant ma réaction, mon mari comprend enfin qu'il se passe quelque chose de grave. Il se rapproche de moi. Je m'assois sur le lit dans ma lingerie rouge à laçage. Et là, le masque tombe complètement.
Le photographe se laisse aller à une volée de remarques ignobles : « Ces seins font envie ! », « Mon cochon, tu ne dois pas t'emmerder avec ça au lit... ». Tout un étalage de commentaires plus salaces les uns que les autres.
Mon mari, sous le choc, découvre le vrai visage du personnage. Moi, je reste muette. Le photographe ose alors demander une dernière séquence nue. Mon mari me regarde, je lui fais non de la tête. Il tranche aussitôt : les cinq heures de shooting sont écoulées, la séance est terminée.
« Fallait être plus gentille avec moi »
Je me rhabille, soulagée de recouvrir enfin mon corps. Mon mari descend mes affaires à la voiture pendant que je rassemble mon maquillage. Là, l'homme me demande sans pudeur si je ne veux pas rester passer la nuit avec lui. Je refuse et lui demande la rémunération qui était convenue.
Sa réponse restera gravée dans ma mémoire : « Fallait être plus gentille avec moi... »
Je ne discute même pas. Je me tourne et rejoins mon mari. En rentrant, je me sens tellement sale que je reste près d'une heure sous la douche à pleurer toutes les larmes de mon corps. Il me faudra des mois pour accepter et poser les mots sur ce qui s'était passé : j'avais subi des attouchements durant ce shooting. Cet homme avait joué la comédie et feint d'être homosexuel uniquement pour pouvoir me toucher en toute impunité.
Pour récupérer mes photos, ce fut un autre calvaire. J'ai dû le menacer d'une plainte pour qu'il honore le contrat. Lorsqu'il m'a enfin envoyé les fichiers, ils étaient tous sombres et sous-exposés : il pensait sans doute que je baisserais les bras. J'ai passé des semaines à traiter une par une plus de 600 photos... pour découvrir au passage des gros plans obscènes de mon anatomie.
💡 Ce qu'il faut en retenir (Prévention)
Si je vous partage ce souvenir douloureux aujourd'hui, c'est avant tout pour que cela ne vous arrive jamais :
Un refus d'accompagnateur est un drapeau rouge immédiat : Si un photographe tique, insiste ou refuse la présence d'un tiers, fuyez. Un professionnel bienveillant ne refusera jamais un accompagnateur.
Méfiez-vous des faux pretextes : Ne laissez personne franchir vos limites physiques sous prétexte d'un rôle, d'une attitude ou de "manières inoffensives".
Écoutez votre instinct : Dès que vous sentez un malaise, stoppez la séance. Votre sécurité et votre intégrité passent toujours avant un contrat ou de belles photos.
Prenez soin de vous. ❤️






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