« Il réglait son appareil » : Quand le studio photo devient un piège
À la base, ce photographe m’avait contactée sous prétexte de vouloir créer son book de photothérapie — une démarche censée aider à s'accepter et à sublimer le corps. En confiance, j'avais accepté de poser.
Pourtant, dès les premières tenues (une lingerie de mariée, puis une chemise d'homme pour une ambiance cocooning), le décalage a été brutal. Loin de toute bienveillance, il n'a cessé de dénigrer mon physique : « Trop de cellulite, c'est moche », « Trop de fesses, c'est pas beau », « Trop de ventre »...
Puis est venue la proposition du nu. Dénudée, mais à l’aise avec mon corps et pouvant me masquer à l’aide de quelques accessoires, j'ai fini par accepter. Mais j'ai vite compris que ce n'était absolument pas du nu artistique qu'il recherchait. Je me suis retrouvée face à un individu dont le comportement et le regard ont brusquement changé.
Il zoomait de manière insistante sur certaines parties intimes de mon corps. Lorsque je lui ai demandé ce qu'il faisait, il m'a répondu d'un air détaché qu'il « réglait son appareil ». Son regard le trahissait : ce n'était pas de la technique, c'était du voyeurisme.
L'engrenage et la manipulation
L'atmosphère est devenue extrêmement pesante. Prise d'un mauvais pressentiment, j'ai voulu me rhabiller. C'est là qu'il a changé de stratégie, devenant soudainement plus doux et mielleux : « Envie d'une dernière petite série et on arrête, d'accord ? »
Il m'a ensuite drapée d'un voilage façon déesse grecque, mais la scène a rapidement viré au malsain. Il m'a demandé de me caresser, de me toucher « pour donner de la vie à la photo ». Devant mon refus net, le masque est tombé. Il a lâché :
« Une camgirl qui refuse de se toucher, c'est le comble ! »
À cet instant précis, tout s'est éclairé. Il m'avait reconnue grâce à mon activité en ligne, dont je ne lui avais pourtant jamais parlé. Ce monsieur, sous couvert d'un studio professionnel ayant pignon sur rue, pensait pouvoir assouvir ses fantasmes et manipuler sa proie sous le prétexte fallacieux de la « thérapie ».
La sortie d'enfer
J'ai immédiatement appelé mon mari, qui m'attendait dans la loge. En arrivant précipitamment, il a tout de suite compris la gravité de la situation. Pendant qu'il rassemblait mes affaires, je me suis rhabillée dans un silence glacial, tremblante. Face à nous, le photographe a joué les ignorants, minimisant les faits et faisant comme s'il ne comprenait pas ma réaction.
Imaginez un seul instant : si une jeune fille naïve, complexée ou inexpérimentée était venue seule pour reprendre confiance en elle... que se serait-il passé ?
Un avertissement nécessaire
Cette expérience m'a brisée. Il m'a fallu un temps précieux pour me reconstruire après ces trois heures de shooting infernales.
Aujourd'hui, je partage mon histoire pour vous mettre en garde : ne vous fiez pas aux apparences ni aux beaux discours. Même un photographe professionnel avec pignon sur rue et des concepts rassurants comme la « photothérapie » peut s'avérer dangereux. Soyez prudentes, faites-vous toujours accompagner et écoutez votre instinct dès le premier signal d'alarme.





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